sous-marines
Plonger pour raconter : ma démarche artistique entre eau, corps et lumière
Je choisis d’explorer l’océan comme on explore un langage secret. Sous la surface, tout devient plus lent, plus profond, plus sensuel. L’eau transforme le corps humain, l’étire, le suspend, lui donne une poésie qu’on n’aperçoit jamais à terre. C’est dans cet univers flottant que je crée ma série photographique autour de la relation intime — et parfois un peu sauvage — entre l’être humain et l’océan.
Dans mes photographies sous-marines, les corps se déplacent en apesanteur, enveloppés de bleus et de verts naturels. La lumière qui traverse l’eau devient un partenaire de danse : elle sculpte, caresse, efface, révèle. Ce jeu permanent d’ombres et de reflets crée une esthétique presque surréaliste, où l’on ne sait plus très bien où commence la réalité et où se glisse l’imaginaire.
Au-dessus de la surface, je prends de la hauteur. Mes photos aériennes de vagues dévoilent un autre visage de la mer : puissant, graphique, hypnotique. Vues du ciel, les lignes d’eau deviennent des calligraphies mouvantes, des architectures naturelles que l’on découvre comme des paysages abstraits.
À travers cette double approche — sous l’eau et dans les airs — j’explore notre lien profond avec le monde marin : fascination, vulnérabilité, liberté. Mon objectif est simple : créer des images qui invitent à ressentir avant même de comprendre.

Dérives
Depuis la surface, ils ne sont souvent qu’un détail. Un éclat de plastique porté par le vent, une forme flottante que l’on remarque à peine. Mais lorsqu’on s’immerge, le décor change. On découvre une autre réalité, celle qui reste habituellement cachée.
Cette série nommée " Dérives " a été réalisée à partir de déchets collectés dans les Calanques par ** Clean My Calanques**, une association marseillaise engagée dans la protection du littoral et le nettoyage des espaces naturels. Parmi les centaines d’objets ramassés, j’ai choisi les plus insolites, ceux dont la présence en mer semble presque absurde. Une fois replacés dans l’eau, ils deviennent les sujets d’une mise en scène volontairement ambiguë.
Depuis plusieurs années, j’aime renverser certaines de mes photographies sous-marines. Dans cet univers où la gravité semble perdre de son autorité, le haut et le bas deviennent relatifs. Ici, la surface de l’eau se transforme en sol. Les déchets paraissent alors posés sur un miroir liquide aux reflets d’argent, comme suspendus dans un monde irréel.
Cette inversion de la lecture fait écho à celle de notre regard. Comme un iceberg, la plus grande partie de l’histoire se trouve sous la surface. Ce qui n’était qu’un détail vu d’en haut devient soudain le sujet principal. L’esthétique presque féerique de ces images contraste avec ce qu’elles représentent réellement : les traces persistantes de notre consommation dans un écosystème que l’on croit souvent préservé.
Une manière de montrer l’envers du décor, là où la pollution se fait discrète, silencieuse, et presque invisible.
Cette série a été réalisée en partenariat avec ** Clean My Calanques**, dont le travail quotidien permet non seulement de retirer ces déchets du milieu marin, mais aussi de rendre visible une réalité que nous préférons souvent ignorer.






























